Une meilleure concentration pour un travail efficace

La concentration est stratégique pour l'étudiant, quelque soit son âge, car elle facilite la compréhension et la mise en mémoire. Au contraire, le manque de concentration nous fait perdre du temps, devient source de fatigue et de découragement.

Heureusement, on peut muscler sa concentration !

"Dès que je suis en cours, mon esprit s'évade, je pense à mille choses et je perd le fil"... Nathalie, en première année de formation, n'est pas une exception. Qui n'a pas été assailli par les distractions alors qu'il assiste à un cours ou n’a pas été emporté par des rêveries dès qu'il se met à sa table de travail ?

La difficulté est courante mais on se soucie trop peu de la combattre. Pourtant la concentration est le premier acte, indispensable, du travail de l'intelligence. Avant de vous élancer au volant d'une voiture, il faut mettre le contact, n'est-ce pas ? Et bien avant de tenter de lire, d'écouter et de comprendre,  il nous faut commencer par fixer notre attention sur notre sujet et la soutenir un certain temps. Alors seulement nous pouvons utiliser notre intelligence !


Un acte volontaire que l'on peut muscler

L'attention n'a donc rien d'automatique. C'est un acte mental volontaire : il faut décider d'accorder toute son attention à un enseignant, un formateur, un livre, un exercice... et de chasser tout le reste. Au départ, c'est donc vous qui détenez les clés de votre concentration, un peu comme les clés de contact de la voiture.

La bonne nouvelle est que nous pouvons nous exercer à "brancher notre attention" et surtout, à la garder allumée le plus longtemps possible. C'est un peu comme lorsque vous contractez volontairement un muscle : vous savez tendre, et détendre. De même vous pouvez vous exercer à mobiliser votre attention immédiate par de petits exercices.

Exercices pour mobiliser l'attention immédiate

  • Observez un objet durant 30 secondes, puis essayez de vous le représenter mentalement les yeux fermés le plus nettement possible
  • Faites de même avec le visage de quelqu'un que vous connaissez bien : essayez de vous le représenter mentalement le plus précisément possible.
  • Baissez progressivement et très lentement le son de la radio et essayez de l'écouter jusqu'à ce que vous n'entendiez plus rien. Vous pouvez aussi essayer de le faire avec un bruit de fond.

L’idée de ces exercices et de vous préparer à la concentration ; il s’agit presque d’un rituel comme nous pouvons l’observer auprès des sportifs d’élite avant une compétition. Il faut surtout être à l’écoute de son corps car vous remarquerez très rapidement qu’il y a dans une journée des périodes d’intense activité intellectuelle et d’autre beaucoup plus calme et plus difficile de retenir quoi que ce soit. Sachez reconnaître ces périodes.

Prolonger l'attention immédiate jusqu'à la concentration

On peut ensuite prolonger cette attention pour aboutir à une vraie concentration, et cela dans deux situations : en cours, et durant le travail personnel.

Un certain nombre de conditions vont en effet aider à se concentrer et à durer dans sa concentration, ou au contraire certains éléments vont à coup sûr vous faire perdre votre concentration.

En cours : se motiver, se préparer à l'avance

Vous serez plus facilement attentif en cours si vous êtes motivé et intéressé par ce qui se passe... Cela peut venir naturellement, mais le plus souvent, c'est à vous d'aller réveiller cette "motivation" et cet intérêt par certaines attitudes :

  • Arrivez si possible quelques minutes à l'avance, préparez vos notes et tâchez de vous remémorer ce qui a été vu la dernière fois. Où en est-on ? Dans quel chapitre ? Essayez de vous souvenir de quelques paroles fortes du professeur... L'idéal est d'avoir eu le temps d'apprendre ou au moins de relire ce qui a été fait au cours précédent. Ainsi, quand l'enseignant démarre, vous ne "débarquez" pas dans le sujet, vous avez moins de mal à le suivre.
  • Repensez à l'importance de ce cours pour votre cursus, votre examen, votre formation... Vous êtes motivé pour réussir votre diplôme, avancer dans vos études, exercer tel métier : en suivant attentivement ce cours, ici et maintenant, vous avancez vers votre objectif.
  • Dans l'immédiat, suivez ce cours en pensant à ce qu'on va attendre de vous le jour du contrôle, du partiel, de l'examen ou de la situation professionnelle... Votre attention est ainsi orientée vers ce qui sera important à mémoriser et à restituer. Imaginez que vous êtes un détective qui poursuit une enquête et glane des indices très précieux pour résoudre une énigme.
  • Ces conseils seront d'autant plus utiles que la matière vous paraît difficile et peu intéressante. C'est en effet là qu'il vous faut le plus mobiliser votre attention, car moins vous serez attentif et concentré, moins vous suivrez, et plus le cours vous paraîtra difficile...

Comment rester concentré durant tout le cours ?

Tout ce qui vous rend actif et non passif vous aide à rester concentré.

  • Prenez des notes, même si vous avez par ailleurs un support de cours, ou bien annotez ce support. Au minimum, notez les questions qui vous viennent. Vous commencez ainsi à mettre en mémoire le cours et vous gagnez du temps pour la suite. 
  • Posez des questions lorsque c'est possible, notez les réponses ; participez lorsque l'enseignant interroge.
  • Enfin, éliminez les sources de distraction : si vous prenez des notes sur un PC, il faut absolument résister à la tentation de surfer sur internet en parallèle. Idem pour les messages qui peuvent s'afficher sur votre téléphone : résistez à l'envie d'y jeter un coup d'oeil. Gardez votre téléphone éteint durant le cours.

 

Travail personnel : trouver le cadre favorable

La concentration est encore plus stratégique durant les temps où vous devez travailler seul(e) car elle est nécessaire à la compréhension et à la mémorisation. Or c'est aussi le moment où vous êtes le plus livré à vous même, et le plus tenté par les diverses "distractions" qui peuvent surgir.

Il vous faut donc travailler dans un cadre favorable et propice à cette concentration : un lieu calme, où serez bien installé, bien éclairé, et où vous ne serez pas dérangé ou tenté par d'autres activités. En un mot, un lieu qui vous donne envie de travailler. 

Certains étudiants trouvent ce cadre favorable dans une bibliothèque où règne une ambiance studieuse. D'autres travaillent mieux dans leur chambre, où ils sont plus à l'aise et ont tout leur matériel. Chacun peut ainsi repérer le cadre qui lui convient le mieux. Il est fortement conseillé ensuite de s'y tenir, c'est-à-dire de travailler de façon régulière toujours dans ce même cadre : cela permet en effet de faire jouer des réflexes conditionnés : quand vous entrez dans ce lieu, votre cerveau se met en "mode travail", votre concentration est plus facile

Isolez-vous du monde extérieur, coupez tous les écrans

Vous êtes maintenant assis à votre table de travail, position plus favorable à la concentration que si vous êtes vautré sur votre lit ou dans un canapé. 

Avant de vous plonger dans le travail, prenez le temps d'éteindre votre téléphone portable et éventuellement votre PC si vous n'en avez pas besoin : tous ces écrans sont en effet sources de distractions : même la simple vibration d'un téléphone peut suffire à vous déconcentrer. En général vous regardez qui vous appelle, et il vous faut ensuite refaire un effort pour vous reconcentrer sur votre travail : "Où en étais-je ? "... Au bout de 2-3 interruptions, il est de plus en plus dur de rebrancher votre attention : le temps passe et votre travail n'est pas efficace.

Chaque personne est différente, dans quelques cas une musique douce (pas d’airs connus) et surtout avec un volume ne vous déconcentrant pas peut aider, à vous d’essayer et de voir si cela fonctionne dans votre cas.

Si vous devez travailler sur un ordinateur, fermez tous les onglets et fenêtres dont vous n'avez pas besoin, en particulier Facebook ou votre boite mail. Restez sur le fichier qui vous occupe et isolez-vous du reste.

Ayez l’entier de votre matériel pour étudier en étant organisé afin de trouver immédiatement le dossier, le livre ou la calculette.

Inscrivez vos objectifs et créez un véritable planning de votre travail individuel. Objectifs du jour, de la semaine, du mois et naturellement l’objectif final. Attention, vos objectifs doivent être réalistes.

La planification a l’avantage de vous obliger à vous mettre à l’étude, de vous donner un rendez-vous avec vous-même.

Si vous en avez la possibilité, variez les types d’apprentissages. Passez de la lecture à un travail concret, de la prise de note à faire un croquis. Le but est de varier les exercices afin de faire travailler différentes parties de votre cerveau afin de ne rien saturer et de moins s’ennuyer.

Faites des pauses, ne restez pas trop longtemps sur un travail

Combien de temps pouvez-vous rester concentré en étant efficace et sans avoir de distraction ? Cela dépend beaucoup des personnes, mais même un étudiant expérimenté ne peut soutenir son attention sur le même sujet d'étude plus de 50 minutes.

Très souvent, nous décrochons avant, au bout de 40, 30 ou même 15 minutes. A ce moment-là, le raisonnement se ralentit, nous commençons à avoir des distractions, nous devons relire plusieurs fois la même phrase... le cerveau se fatigue et le travail produit n'est plus bon. Il ne sert à rien alors de s'acharner à continuer : il faut absolument faire une petite pause.

La pause peut être courte : 5 à 10 minutes si vous avez travaillé 40 à 50 minutes. Il suffit de se lever, de bouger un peu pour détendre ses muscles, de respirer à la fenêtre, d'aller boire un verre d'eau, de prendre un thé, de grignoter un bonbon. Evitez simplement de lire (pour reposer vos yeux) ou de vous lancer dans une activité que vous auriez du mal à quitter (Evitez Facebook ou la lecture de vos messages !). Le but de la pause est de délasser votre esprit pour vous remettre au travail en retrouvant une bonne concentration

N'hésitez donc pas à faire une pause dès que vous sentez que votre concentration fléchit : au final, mieux vaut travailler trois fois 30 minutes en étant bien concentré, qu'une heure et demie durant laquelle vous rêvassez et au final ne produisez rien de bon. D'autant que le manque de concentration fatigue, car il allonge le temps d'étude et pour un résultat médiocre ; cela peut vous décourager et compromettre toute votre motivation.

 

Comment allonger ses temps de concentration ?

  1. Commencez par chronométrer le temps durant lequel vous parvenez à rester bien concentré sur un travail sans peiner : lancez le chrono quand vous vous mettez au travail, et stoppez-le dès vous sentez que votre concentration faiblit. Cela peut être seulement au bout de 40 minutes, ou 30', ou seulement 20'... Ne trichez pas : le but est de partir de vos capacités actuelles de concentration  pour les améliorer.
  2. Tenez compte de ce temps pour organiser votre travail : n'étudiez jamais plus longtemps que ces 20 minutes (par exemple) d'affilée. Au bout de 20', faites une courte pause de 3', puis remettez vous de façon volontaire au travail pour 20' à nouveau.
  3. Au bout de plusieurs jours, cette méthode de travail doit déjà porter ses fruits : vous êtes plus efficace car mieux concentré, vous perdez moins de temps, vous êtes plus tonique car vous apprenez à vous consacrer à 100% à l'étude durant vos plages de travail. Vous savez démarrer à fond, et stopper, redémarrer et stopper.4. 
  4. Au bout d'un mois au moins, vous pouvez essayer d'augmenter de 5 minutes  votre "durée de concentration" : de 20 à 25 minutes par exemple, ou de 30 à 35'. Vous avez musclé votre concentration.

Lors de  ses pauses, n’oubliez pas de grignoter (fruits ou quelques carreaux de chocolat) et de bien boire, en évitant le café ou les fameuses boissons énergisantes.

Il est également important de s’accorder quelques plaisirs. A force de travailler, il arrive que nous ayons tous besoin de se changer les idées afin de mieux repartir ensuite. Chacun aura sa méthode et, encore une fois, la planification aura son importance. Comme chez les sportifs, la récupération fait aussi partie de l’entraînement.

Vous devez être en forme, ceci ne signifie pas que vous vous entraînez pour les jeux olympiques, mais les études nous apportent peu d’activités physiques et nous devons combler ce manque par de l’exercice, si possible en choisissant une activité qui vous fait plaisir.

Ne soyez jamais dans le doute, disciplinez votre esprit et ne vous dispersez pas. La concentration s’acquiert en grande partie pas la volonté et la motivation. Vous méritez de réussir.

 

Maux de tête, fatigue : les ennemis de la concentration

Normalement, tous les conseils donnés plus haut doivent rendre vos séances de travail moins fatigantes, et vous aider à éviter les maux de tête.

Si malgré tout vous avez vite mal à la tête, il faut penser à d'autres causes purement physiques : 

  • Le sommeil : dormez-vous suffisamment ? Le manque de sommeil détériore les capacités de concentration, comme vous l'observez après une nuit plus courte. La nuit, le corps se répare, se repose et ce que vous avez appris est trié et synthétisé.
  • L'alimentation : le cerveau consomme beaucoup d'énergie. Pour bien carburer, il faut l'alimenter en sucre et manger de façon très équilibrée, durant les révisions mais aussi toute l'année. Evitez les sandwichs systématiques à midi et les dîners réduits à une gamelle de pâtes. Un repas complet n'est pas forcément une perte de temps. Pensez aussi à boire suffisamment : il nous faut 1,5 litre d'eau par jour ! 
  • La consommation d'excitants ou de drogue : le café stimule l'éveil mais à outrance, il augmente aussi l'anxiété. Le cannabis est notoirement connu pour ses effets délétères sur les capacités de concentration et de mémorisation. Idem pour les excès d'alcool.
  • La forme physique et la santé : vous n'êtes pas qu'un cerveau ! Faites-vous assez de sport, prenez-vous le temps de marcher, de vous oxygéner (et d'aérer votre chambre) ? Pensez aussi aux lunettes (les problèmes de vue donnent mal à la tête), aux soins dentaires, etc. 

  

Travailler efficacement pour prendre confiance en soi

Au final, le fait d'améliorer votre concentration peut vous rendre beaucoup plus efficace. Vous ne travaillerez pas plus mais mieux, et les résultats ne peuvent que s'en ressentir. 

En outre, tous ces petits efforts de volonté peuvent vous faire grandir dans l'estime de vous-même : vous n'êtes plus cet étudiant qui subit passivement ses cours et baille durant des heures à sa table de travail. Vous apprenez à vous connaître et à mieux utiliser vos capacités intellectuelles. Vous reprenez ainsi les rênes de votre vie d'étudiant... et vous prenez confiance en vous. 

 

Conseils

  • Soyez toujours convaincu que vous allez y arriver.
  • La persévérance est une qualité essentielle pour étudier sur le moyen et long terme.
  • Ne pas se décourager en cas de lacune, mais essayez de comprendre ce qui s’est effectivement passé et rectifiez le tir.
  • Prenez une collation, mangez quelques fruits et hydratez-vous convenablement.
  • Fixez-vous des objectifs à court et moyen terme, des objectifs certes difficiles, mais réalistes.
  • Prenez des notes, posez-vous des questions, recherchez les réponses ; la lecture seule ne suffit pas toujours.
  • N’ayez pas peur de planifier et de vous octroyer une pause, ceci sans rester assis, mais en bougeant, en marchant.