Qu’entendons-nous par Analyse Transactionnelle ?


Les caractéristiques propres de l’Analyse Transactionnelle et son originalité par rapport aux autres théories psychologique peuvent s’exposer ainsi.

Elle part de l’observation de nos attitudes et nos comportements pour décrire de manière simple, mais non simpliste, notre complexité d’être humain. Elle se refuse à toute interprétation « sauvage » et en cela elle est bien accueillie dans les organisations. Elle donne des outils et des procédures qui permettent rapidement :

  • d’être mieux avec soi-même ;
  • d’être mieux avec les autres ;
  • de mieux échanger (l’échange entre deux personnes, verbal ou non, est considéré comme une transaction d’où le nom d’Analyse Transactionnelle).

Elle propose d’ouvrir les yeux, les oreilles et de partir du vécu immédiat, proche et directement accessible …

L’AT et ses valeurs fondamentales

Tout être humain est OK, c’est-à-dire fondamentalement bien, bon, acceptable, mais attention, cela ne signifie pas que tout ce qu’il fait soit acceptable. Chaque individu a une valeur positive en tant qu’être humain et ceci va plus loin que la simple déclaration d’intention. Eric Berne se plaisait à évoquer la métaphore du crapaud et du prince : même si les aléas de la vie nous ont conduit à nous exprimer sous les traits d’un crapaud, dessous demeure le prince qui ne demande qu’à se révéler.

Notre vie repose sur nos décisions. Même si l’environnement éducatif de notre enfance est influent, nous ne sommes pas entièrement déterminés par le comportement de nos parents. Le plus important n’est pas ce que nous avons vécu mais la manière dont nous l’avons ressenti et compris. A partir de tous les événements que nous avons rencontrés quand nous étions petits, nous avons pris des décisions en ce qui concerne la manière de diriger notre vie. C’est pourquoi nos misères psychologiques actuelles sont dues à nos décisions prises ailleurs et autrefois. L’apport fondamental de l’Analyse Transactionnelle est de postuler que chacun est responsable de ce qu’il fait, du monde qu’il crée et de ses comportements en fonction de ce qu’il décide.

Cette notion nous ouvre un espace de liberté important puisque de ce fait, nous retrouvons tout notre pouvoir.

Notre bien-être, notre croissance passent par le changement de ce qui ne nous convient plus. « Au lieu de vous plaindre de vos anciennes décisions, changez-les » disait E. Berne. L’Analyse Transactionnelle se préoccupe d’abord et d’avantage du comment aller mieux et moins du pourquoi ça va mal.

Nous voyons que l’Analyse Transactionnelle est aussi un état d’esprit, une philosophie qui inscrit l’être humain dans une psychologie de la croissance qui n’est pas seulement fondée sur la suppression des défenses, mais vise à augmenter l’énergie positive de chacun.

 

Le créateur de l’Analyse Transactionnelle

Eric Berne (1910 – 1970), médecin psychiatre, psychanalyste, a conçu l’Analyse Transactionnelle dans une démarche prenant en compte et positivant des éléments de sa propre histoire. Son père, médecin généraliste, pratiquait auprès des pauvres. Il le perdit alors qu’il avait à peine neuf ans. Sa mère, écrivain, l’a encouragé et stimulé dans ses études.

De ses parents, il a sans doute tiré son goût et ses compétences pour la recherche qu’il a partagés tout au long de ses publications dès 1947.

Dans son cursus professionnel, il devient médecin en 1935, psychiatre en 1940, psychanalyste, mais dans cette dernière phase, il voit sa candidature à l’institut de Psychanalyse refusée en 1956. Stimulé par cette épreuve, il décide de poursuivre ses recherches et, prenant en compte son idéal de guérir les gens rapidement, il élabore une nouvelle approche de la psychothérapie. L’Analyse Transactionnelle naît avec le premier concept des Etats du Moi ; puis, les notions de jeux et de scénario. En 1957, les bases de la théorie de l’AT sont posées.

Ensuite, Erice Berne et ses élèves ouvrent les séminaires de psychiatrie sociale de San Francisco et poursuivent la mise en forme de la théorie. En 1964, E. Berne et ses disciples fondent l’Association Internationale d’Analyse Transactionnelle (ITAA), maintenant connue et reconnue hors des frontières des Etats-Unis.

Ses travaux sont poursuivit par ses plus proches collaborateurs : Claude Steiner, Jack Dusay, Stephen Karpman et Franklin Ernst. D’autres ont développé les concepts de base et élargi leurs applications, créant des courants et des écoles complémentaires : l’école des SCHIFF qui élabore des méthodes de traitement des psychotiques, l’école de la Redécision, fondée par Bob et Marie Goulding qui mettent l’accent et traitent les décisions précoces.

Depuis, l’Analyse Transactionnelle n’a cessé de se développer et de s’affirmer. Au-delà de l’effet de mode qui a contribué à sa diffusion, créditée par les applications qui en ont été faites au cours de ces cinquante dernières années, elle est aujourd’hui une discipline reconnue internationalement, en tant qu’approche professionnelle permettant le soin et le développement des personnes et des groupes.